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L’odeur de la consumation pelliculaire enivre les pages de Gilles LeroyTout un roman. Dans les Westerns est un ouvrage qu’il faut lire à dose homéopathique. Non qu’il donne la migraine. Mais pour se garantir de la boulimie qui pourrait emporter le lecteur. Soyez économe dans votre gourmandise, gardez quelques pages pour l’été. Voilà un roman cinématographique qui mérite le farniente d’une plage ensoleillée.

L’Histoire du cinéma se fond avec celle des acteurs qui ont imprimé leurs nonchalances sur pellicule, et le western, en fait partie. Un genre majeur qui pendant près de soixante ans a  traversé sans encombre les soubresauts de l’industrie cinématographique. L’ouvrage transpire cette drôle d’aventure crépusculaire qui n’aurait jamais existé sans l’invention des Frères Lumières.  C’est de lumière dont on a justement besoin. Un coup de projecteur sur le romanesque qu’offre Hollywood.

Un couple pour toute aventure Paul Young et Bob Lockhard, une évidence qu’il faudra dissimuler. Parce qu’à cette époque, il n’était pas bon être homosexuel et encore moins communiste. On se cache à Hollywood pour continuer à marcher sur les empreintes laissées par quelques stars. Un vent glamour frissonne, comme pour prouver la légitimité du lieu. Sunset Boulevard, comme autant de faits mythologiques. Ils doivent survivre aux contractions du temps…

On reconnaîtra dans le roman, pour les fouineurs (!), quelques contradictions assumées par Gilles Leroy, l’auteur. A vous de jouer le jeu. Il faut tourner les pages au rythme d’un obturateur de prise de vue.  Nous sommes encore devant un cinéma, qui bat au rythme cardiaque de ceux qui le font. 

Le roman ouvre sa vision historique en 1948. Flash back, d’un sénateur d’aujourd’hui en fin de vie politique, sur sa jeunesse tumultueuse, créatrice et qui semblait figée dans l’immortalité. L’éternité a du bon du côté d’Hollywood, surtout face à un film qui bousculera tout et particulièrement les protagonistes. « La Piste historique » renferme quelques mythologies fordiennes que l’on n’avoue pas. Et pourtant ! Les indices sont là, entre les lignes.

Comme il est bon de flirter avec l’imaginaire d’un auteur qui vous prend par le bout du nez pour explorer un monde qui n’en finit pas de refuser le clap de fin.

Gilles Leroy est un historien malin. Il faut l’être un peu, dans la narration qu’il propose. Là est tout son talent. Les éléments de l’insouciance flirtent au milieu de l’année 1948 avec ce film au titre imaginaire, qui pourtant, nous ouvre bien des perspectives, même si l’énigme inavouée est bien présente. Contraction du titre (à vous, fin limier de découvrir l’œuvre ou les œuvres cinématographiques proposées)  pour déceler la complexité de cette après-guerre, qui voit pointer l’anticommunisme. Une chasse aux sorcières qui détourne le politique et l’économie pour offrir une virginité « blanche » à un pays  qui se fracture.

Hors la représentation de la normalité, point de salut cinématographique. L’homosexualité et le communisme étaient chassés dans une même frénésie de peur. Et dans ce combat s’est introduit un autre mal, plus tendancieux et parfaitement décrit par l’auteur, la fin d’un monde. Babylone (cher à Kessel) s’effrite comme Sodome et Gomorrhe. Les murs économiques se lézardent comme si les Dieux avaient un compte à règler avec la perversion des images !

L’usine à rêve allait bientôt mettre la clé sous la porte, la télévision se croyait, de par sa jeunesse héritière, des Majors ! Nos protagonistes en tête de générique, assis entre deux époques, gèreront de façon bien différente leurs carrières. Il y a dans ces itinéraires que l’on n’oublie pas, le moteur  d’une vie. Une passion dévorante qui offre dans l’instant le plus beau des mirage.

Une odeur de pellicule brûlée

1948 : La rivière Rouge de Howard Hawks

1948 : La Prisonnière du désert de John Ford, pourrait-être l’inspiration du film fictif que propose l’auteur...